17 nov. 2011

Tantra et Kama-sutra


Du radical indo-européen *ten « étirer » proviennent les mots français tendre, tendon ou tétanos mais aussi la racine sanskrite तन /tan/ « allonger, étendre » de laquelle vient le mot tantra. Le tantra (adjectif tantrique) est un principe religieux auquel se réfère aussi bien l’hindouisme que le bouddhisme ou le jaïnisme. Dans son sens figuré, le mot sanskrit तंत्र /tantra/ signifie « doctrine, livre dans lesquels ont été consignés des enseignements » mais dans son sens premier il désigne le « métier à tisser » et la « chaîne du tissu ». Cette proximité entre la chaîne d’un tissu et le livre ne devrait pas nous paraître étrangère puisque notre mot texte provient directement du latin texere « tisser ». 

Dans la continuité de ce lexique textile, le mot सूत्र /sūtra/ sutra a le sens de « fil », le fil qui vient compléter la trame du tissu, un texte qui vient parachever le tantra. Son nom est issu de la racine indo-européenne *syu « coudre » comme en provient le français suture. Les sutras désignent autant les aphorismes que leur compilation dont la plus réputée en Occident est certainement est certainement celle nommée Kâma-Sûtra.

         Le कामसूत्र  /kāma-sūtra/ est donc le sutra de Kama काम « désir », le dieu hindou de l’amour. Son nom est - comme le français caresse - tiré d’une racine indo-européenne, du radical * qui signifie « amour, désir ». Kama possède un arc fait d’une tige de canne à sucre qui tire des flèches de fleur qui excitent le désir amoureux. On voir ici sa similitude – comme il y en a beaucoup d’autres - avec les religions grecques et romaines qui décrivent Eros et Cupidon décochant ses flèches envoûtantes. La rédaction du Kâma-Sûtra est d’ordinaire attribuée à l’Indien Vâtsyâyana qui donne dans cet ouvrage les recettes du bien-être conjugal, les positions sexuelles ne formant qu’un chapitre du livre.

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