27 nov. 2011

Izetbegović, le bey ouzbek de Beyşehir




Le mot turc bey est un titre honorifique désignant à l’origine un chef tribal. Au fur et à mesure de l’expansion de la culture turco-mongole, ce titre a couvert les diverses fonctions de maître, gouverneur, seigneur, jusqu’à l’équivalent de ce qui allait devenir le sultan de l’empire ottoman. Aujourd’hui en Turquie, bey comme son équivalent beyefendi signifie simplement « monsieur », bayan étant sa féminisation « madame ». Ce mot se retrouve dans plusieurs toponymes de l’actuelle Turquie tels que Bey Dağ « montagne du Bey » ou Beyşehir « cité du Bey ». Il est par ailleurs utilisé comme nom de famille dans de nombreux pays musulmans.

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bégum Mumtaz 
En parallèle, ce mot bey a possédé un synonyme phonétiquement proche prononcé /beg/ ou/baig/. On en trouve la trace dans le mot turc begüm bégum. La bégum était un titre royal qui a fini par désigner toute musulmane d’ascendance noble. Aujourd’hui, ce mot est porté par la bégum Khaleda Zia, veuve de l’ex-président bengali Zia-Ur-Rahman et devenue premier ministre du Bangladesh ou par la bégum Inaara, femme de l’Aga Khan. Ce terme a été popularisé en Occident par le roman de Jules Verne Les Cinq Cents Millions de la bégum


Au 14ème siècle, un prince mongol de la Horde d’Or régna sous le nom d’Özbeg. On trouve dans son nom, en plus du titre beg, le mot turc öz qui signifie « le fond, la quintessence ». Le peuple ouzbek doit son nom à ce bey ainsi que leur pays l’Ouzbékistan qui porte le suffixe persan /–stan/ « pays ». Il s’écrit O'zbekiston en ouzbek et Özbekistan en turc. 


Özbeg n’est évidemment pas le seul patronyme dans lequel apparaît le mot beg, on le retrouve dans d’autres noms des Balkans. C’est par exemple le cas de Izetbegović, nom dans lequel ović /ovitš/ est un suffixe slave qui signifie « fils de ». Izetbegović est donc le « fils du bey Izet » et il a été porté par Alija Izetbegović président de la Bosnie-Herzégovine de 1990 à 1996. 

Certains linguistes font dériver bey d’un mot issu du moyen chinois voisin du mandarin 百 bǎi ou du cantonais /baak3/ qui signifient « cent, un grand nombre ».

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