8 août 2011

Le khôl de Frida Kahlo



La racine arabe كحل /kaḥḥala/ « se farder les yeux », de la même origine que l’hébreu כחל /kaẖal/ « se peindre les yeux » a donné le mot كحل /kuḥl/ « khôl, antimoine », une poudre avec laquelle les Orientaux aiment se noircir le regard.

Jusqu’au 16ème siècle, le français kohl précédé de l’article arabe /al/ « le » a été utilisé sous la forme alcohol autant pour désigner ce collyre que le résultat de la sublimation du vin. Ce n’est qu’au début du 19ème que le mot alcool s’imposa tant dans le domaine des spiritueux que dans celui de la chimie. En arabe moderne, le mot الكُحْل /al-kuḥl/ signifie toujours « khôl » alors que le mot الكُحول /al-kuḥūl/ signifie « alcool (chimie) ».

Par extension, le mot كحل /kuḥl/ est devenu un synonyme de « noir » et l’hébreu moderne a emprunté le mot כחול /kaḥol/ « bleu » à l’arabe أزرق كحليّ /āzraq kuḥlyy/ « bleu marine (bleu-noir)». Ce mot hébreu est à l’origine du nom de famille de Frida Kahlo, célèbre peintre mexicaine dont le père était d’origine juif allemande. Dans le monde arabophone, c’est le patronyme Kahlouche que l’on trouve dérivé de arabe /kuḥl/ « noir ».

Le khôl est composé d’antimoine, un métalloïde dont le nom arabe الاثميد /al-iθmīd/ provient du grec στιβι stibi ou στιμμι stimmi, lui-même emprunté au copte stem, le nom d’un cosmétique de l’époque pharaonique.


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